Une vraie mise au point

Une vraie mise au point
Bousculés le week-end dernier par l'Australie, les All Blacks ont bien réagi samedi à Auckland en prenant leur revanche (39-10). Une victoire avec bonus qui permet à la Nouvelle-Zélande de prendre la tête du tournoi, et d'offrir un sursis à son entraîneur, Graham Henry, décrié depuis plusieurs semaines. Les coéquipiers de Woodcock, auteur de deux des quatres essais néo-zélandais du jour, ont désormais rendez-vous en Afrique du Sud le 16 août.

Le couperet n'est pas passé loin. Mais pas si près que ça non plus. La Nouvelle-Zélande de Graham Henry avait une double mission lors de la réception de l'Australie : offrir un bol d'air à son sélectionneur, chahuté par la presse du pays et par le public, et ne pas concéder une troisième défaite de rang, ce que les All Blacks n'ont plus fait depuis dix ans. Mission accomplie. Avec la manière. Henry avait décidé de remanier ses lignes arrières et de changer le visage tactique de son équipe. Cela a fonctionné, Richie McCaw et ses équipiers faisant preuve de plus de rigueur pour ne pas laisser partir les offensives adverses. «Nous avons beaucoup appris du match de la semaine dernière, explique Henry. Nous avons changé notre schéma de jeu, notamment au pied, et cela a payé. Le point de bonus, avec un essai de dernière minute, c'est la cerise sur le gâteau».

Après avoir encaissé quatre essais la semaine passée chez les Wallabies (34-19), la défense des Blacks n'a craqué qu'une seule fois, sur une percée d'Adam Ashley-Cooper (32e), qui a rompu le mutisme australien pour éviter une correction (18-7). Car les Néo-Zélandais, très combatifs et désireux de ne pas perdre face à l'Australie à domicile pour la première fois en 22 ans, ont vite mis la pression sur la défense. Tony Woodcock, avec deux essais coup sur coup (20e, 23e), puis Ma'A Nonu, ont servi de détonateurs. La botte de Dan Carter a eu une grande importance. Le futur joueur de Perpignan (Photo Reuters), s'il n'a transformé que la moitié des quatre essais, a signé cinq pénalités pour maintenir les Blacks devant tout au long du match.

# Posted on Monday, 04 August 2008 at 10:17 AM

Les Blacks sans pitié

Les Blacks sans pitié
Pas étonnant que les Néo-Zélandais aient du mal à empiler les médailles à Pékin. Leurs meilleurs athlètes, tous sports confondus, étaient au Cap ce samedi, retenus par la sixième journée du Tri-Nations... C'est en tout cas l'impression donnée par la victoire des Blacks devant les Boks (19-0). Les Néo-Zélandais confortent leur première place et sont bien partis pour s'imposer pour la quatrième fois d'affilée dans l'épreuve avant leur dernier match, leur déplacement en Australie.

Lutte gréco-romaine, marathon, 100 m, gymnastique, etc. Les spectateurs ont vu bien plus que du rugby, plutôt un spectacle complet, et un match plus équilibré que ne le laisse penser le score. La lutte donc. Les tampons et plaquages ont été nombreux et ont bien souvent annihilé les quelques tentatives sud-africaines, particulièrement en première mi-temps. Rapidement menés après un essai de Conrad Smith à la réception d'un astucieux coup de pied rasant de Richie McCaw (7e), les Boks se devaient de réagir. Jusqu'à la 25e, la défense Black n'a rien laissé passer. Et sans les étonnantes erreurs de Daniel Carter au pied (0/3 à la 23e), le score aurait pu être bien plus sévère.


Cela aurait pu être pire pour les Boks

Après la lutte, les trente joueurs entamaient la suite de leur épreuve combinée avec le marathon et la gymnastique. Pendant plus de cinq minutes, les deux équipes tentaient de chaque côté d'assassines percées pour filer à l'essai. Tout cela sans que le ballon ne sorte. A l'issue de cette série d'attaque - défense, Carter manquait une nouvelle pénalité. Et dans la foulée, Bryan Habana s'essayait à la poutre, en tentant de ne pas mordre sur la ligne de touche pour valider son essai. Raté. A la mi-temps, les Boks s'en sortaient bien avec un score de 5-0.

Les champions du monde revenaient gonflés à bloc, déterminés à ne plus accumuler les pertes de balle en mêlée et les coups de pied trop longs. Mais la sortie de Habana à la 47e, meilleur sprinteur des deux équipes, chamboulait les Boks. A la 55e, les Blacks manquaient de peu l'essai, applatissant sur le poteau de la ligne d'essai. A la 65e, Carter faisait oublier ses nombreuses erreurs au pied (5 sur 7 au total) et donnait de l'air aux siens (12-0). Dans les dernières minutes, Ma'a Nonu plaquait un Australien à dix mètres de sa ligne alors que ce dernier tentait de passer le ballon, qui atterissait dans les bras de Keven Mealamu. Le Néo-Zélandais filait à l'essai. 19-0. A domicile, les champions du monde n'auront donc inscrit aucun point alors que les Blacks sont passés tout près du bonus offensif ! M.D

# Posted on Sunday, 17 August 2008 at 8:30 AM

Les Blacks, quatre à la suite

 Les Blacks, quatre à la suite
Dans l'obligation de l'emporter ou de faire nul lors de la 6e et dernière journée du Tri-Nations, samedi en Australie, pour remporter leur quatrième trophée de suite, la Nouvelle-Zélande a rempli sa mission avec panache, à l'issue d'un match haletant (28-24). Les Blacks (ici leur capitaine Richie McCaw - à g. - et Rodney So'Oialo avec les trophées du Tri-Nations et de la Bledisloe Cup, photo Reuters) ont certes parfois manqué de précision mais ont toujours fait preuve de conviction. «J'ai énormément de respect pour ce que les gars ont fait ce soir (samedi), a souligné le coach néo-zélandais, Graham Henry. Ils étaient menés 17-7 et ont su se battre ensemble pour revenir. Je crois que, plus le match avançait, plus les gars jouaient mieux. Je ne crois pas que nous ayons particulièremet bien joué en première période.»

Une première période décevante

Effectivement, ce ne sont pas des Blacks souverains, loin de là, qui sont allés chercher cette victoire obligatoire. À l'image de leur tournoi, marqué par deux défaites - face à l'Afrique du Sud (30-28) et en Australie (34-19) -, ils ont alterné le très bon et le moins bon. Et le moins bon, une défense approximative, a failli leur coûter la victoire. Alors qu'ils menaient 26-17 avec moins de 3 minutes à jouer, ils ont cédé sur une charge au raz de Ryan Cross, rendant les deux dernières minutes de jeu très incertaines, avec des Australiens à quatre points seulement (24-28, 78e). Malgré un dernier baroud d'honneur, les Wallabies et leur entraîneur néo-zélandais Robbie Deans devaient s'incliner, les armes à la main mais avec certainement pas mal de regrets.

Après la claque reçue en Afrique du Sud il y a deux semaines (53-8), la réaction des Australiens était attendue. Mais, malgré cette première opportunité offerte à Matt Giteau (5e) - copieusement sifflé par les nombreux supporters néo-zélandais présents au Lang Park Stadium de Brisbane -, ce sont les Blacks qui entrent le mieux dans la partie. Plus concentrés, plus concernés aussi, ils inscrivent le premier essai du match en bout de ligne par leur arrière Mils Muliaina, sur une magnifique passe sur un pas de Ma'a Nonu. L'ouvreur des Blacks Dan Carter transforme, atteignant ainsi les 300 points personnels dans le Tri-Nations (0-7, 15e). Lors d'une première période parsemée de fautes, et loin du niveau attendu, les Aussies ne parviennent à réagir que sur un but de Giteau (3-7, 23e).


La réaction d'orgueil des Blacks

Giteau, toujours lui, allait débloquer complètement la situation. Juste avant le coup de sifflet de la mi-temps, le buteur aussie réussit une diagonale au pied très inspirée sur Peter Hynes qui remet instantanément sur Adam Ashley-Cooper, qui file dans l'en-but (10-7, 40e + 1). Les Wallabies entament alors la deuxième période comme ils ont fini la première : pied au plancher. Après un nouveau temps fort initié par Giteau, James Horwill conclut le mouvement australien, malgré l'opposition désespérée de Dan Carter (17-7, 46e). Ce deuxième essai australien a le don d'énerver les Blacks, qui vont déclencher la foudre à trois reprises, avec à chaque fois un essai transformé à la clé. C'est d'abord le trois-quart Conrad Smith qui, après un exploit personnel, remet sur sa gauche au... pilier Tony Woodcock qui aplatit après un sprint de 20 mètres digne d'un ailier (17-14, 60e).

C'est ensuite Sitiveni Sivivatu qui s'engouffre sur l'aile gauche - le lieu d'attaque privilégié des Blacks - pour remettre sur Piri Weepu qui va inscrire tranquillement l'essai, huit minutes après son entrée en jeu (17-21, 60e). C'est enfin Dan Carter qui, à l'issue d'un magnifique numéro de soliste, aplatit dans la zone d'en-but avant de transorfmer lui-même (28-17, 66e). «La majorité de nos essais ont été difficiles à inscrire, a regretté le capitaine des Wallabies Stirling Mortlock. Les deux essais qui leur ont permis de prendre la tête (ceux de Woodcock et de Weepu ndlr) l'ont été sans difficulté. Nous avons laissé des trous en défense et ils ont su en profiter.» Après ses trois essais en un gros quart-d'heure, on pensait la Nouvelle-Zélande à l'abri, jusqu'à cet essai de Cross. Jusqu'au bout, les Blacks ont donc dû lutter dans ce Tri Nations. La victoire n'en est sans doute que plus douce pour Graham Henry et ses joueurs.

# Posted on Monday, 15 September 2008 at 7:28 AM

L'USAP au Carter de tour

L'USAP au Carter de tour
En dominant Leicester (26-20) au terme d'un match plein, Perpignan peut encore rêver à une qualification en quarts de finale, même s'il faudrait un petit miracle. Mais l'USAP a surtout réussi l'intégration de sa dernière recrue, Dan Carter (photo AFP), qui a déjà montré de belles choses.

Dan C
arter est donc arrivé, c'est désormais un joueur de Perpignan, et ça y est, il a enfin effectué son premier match sous la maillot blaugrana. Ce fut donc contre Leicester, un adversaire de choix, champion d'Europe en 2001 et 2002, dans un stade d'Aimé Giral plein comme un oeuf et évidemment chauffé à blanc. Voilà pour le décorum, et pour l'incroyable engouement médiatique entraîné par l'arrivée du meilleur joueur du monde dans l'hexagone. Il était alors temps de penser au terrain, surtout que les Tigers n'étaient pas venus pour admirer Carter. Ils voulaient absolument reprendre la première place du groupe 3 aux Ospreys, et ils ont rapidement montré qu'il faudrait autre chose d'une star all black pour les en empêcher.

Ils ont
en effet rapidement profité de fautes grossières de l'USAP pour marquer rapidement les premiers points et imposer leur rythme. Mais les Catalans avaient envie de jouer, comme à l'aller une semaine plus tôt, et cela a encore déstabilisé la défense anglaise. La première intervalle troue par Durand a même déjà fait mouche et a permis à Britz de marquer un superbe essai. Le problème, encore et toujours, c'est que l'indiscipline gâchait les belles intentions perpignanaise, et permettaient à Leicester de rester au contact. Quoi qu'il en soit, après trente minutes, on avait déjà compris que me recrutement tapageur de Carter n'était pas qu'un coup marketing, aussi onéreux soit-il. Car l'ancien maître jouer des Crusaders a trouvé sa place naturellement dans l'effectif catalan, et il a très vite mont son aisance habituelle à jouer et à faire jouer, au pied ou à la main. Son influence était évidente, et comme on le dit dans pareil cas, il a franchement tiré ses nouveaux coéquipiers vers le haut. En six jours à peine, le mariage fonctionnait donc déjà.

Il restait à tenir la distance face à l'une des meilleures équipes d'Europe, qui entamait son travail de sape dans l'axe du terrain. Juste avant la pause, les Tigers ont même recollé au score par un essai de Tom Croft après une grosse charge de Kayser, l'un des Bleus d'en face avec Dupuy. Le deuxième acte allait être tendu, d'autant que Perpignan laissait des points en route avec les premiers échecs de Carter. Mais l'USAP montrait franchement plus de coeur, plus d'envie, et l'essai de Britz, après un contre de Chouly, récompensait logiquement la domination catalane sur des Anglais empruntés et un peu décevants. Pourtant trop de fautes ont encore pollué le jeu catalan, et au lieu de prendre la mesure de son adversaire, Perpignan restait à portée de fusée à vingt minutes du terme (23-13). Pire, sur une nouvelle pénalité sifflée par Monsieu Lewis, vite jouée pare Dupuy, l'essai en contre d'Hamilton faiusait craindre le pire. On pensait alors aux scénarii connus par Clermont ou le Stade Français, battus en fin de rencontre.

Trois
points d'avance et dix minutes à jouer, la tension montait, et chaque action anglaise devenait franchement irrespirable. D'autant que les hommes de Jacques Brunel semblaient fragiles, fébriles en tour cas, et continuaient à perdre des ballons bêtement. Heureusement le pack catalan dominait assez largement en mêlée, et il a offert trois points à Carter pour reprendre un peu d'air. Assez pour tenir jusqu'à la sirène, et pour achever en belle fête le premier match de l'ère Carter. Perpignan sera redoutable avec son nouvel ouvreur.

# Posted on Sunday, 14 December 2008 at 12:45 PM